Cinq explorateurs du Web en mission dans des salles de rédaction

Les cinq premiers participants au programme MoJo viennent d’être désignés. Rapide résumé de l’annonce.

Rappel des faits: en 2011, Mozilla a annoncé un partenariat avec la Fondation Knight pour envoyer dans les rédactions de médias établis des explorateurs chargés d’étudier l’influence du Web, ses technologies et sa culture, sur l’industrie de l’information. Cinq partenaires ayant accepté d’accueillir pendant un an les explorateurs, il a fallu sélectionner les heureux bénéficiaires et les former. Parmi environ 300 candidatures, 60 personnes ont pu participer à un « learning lap » en ligne, mélange de conférences d’évangélistes Web et d’ateliers pour jouer avec les technologies. Vingt ont pris part à un « Hackfest » où ils ont développé des prototypes. Vous pouvez découvrir ces projets en vidéo. A l’issue de ce programme, chaque rédaction a choisi un candidat et lui a proposé des pistes de travail.

Les explorateurs qui vont à présent s’immerger dans les rédactions sont Mark Boas chez Al Jazeera, Cole Gillespe au Zeit Online, Laurian Gridinoc à la BBC, Nicola Hughes au Guardian et Dan Schultz au Boston Globe. Bravo à eux ! Dommage qu’aucun média francophone ne participe à l’opération. J’espère qu’ils ne viendront pas trop pleurnicher si demain ils disparaissent faute d’avoir compris que quelque chose était en train de se passer.

La mission des explorateurs est triple:

  • s’immerger dans les salles de rédaction pour en comprendre intimement le fonctionnement et les enjeux, car sans réel connaissance du métier on ne peut proposer d’innovations pertinentes;
  • travailler de la manière la plus ouverte possible, selon l’esprit de Mozilla: communiquer sur qu’ils font et participer à d’autres communautés;
  • évidemment, partager leurs créations, codes et pratiques, avec le reste du monde, et en particuliers les bidouilleurs et les journalistes, afin que tout le monde puisse en profiter;

Marketing

J’ai traduit récemment quelques phrases pour un prochain site de promotion de Firefox. Avec un certain malaise. L’impression de traduire une réclame pour une lessive. Non que les phrases aient été vides de sens. Au contraire. Elles expliquaient ce qu’est Firefox, ce qui le distingue des autres navigateurs, son statut d’instrument au service d’une noble cause, défendre l’ouverture du Web, etc. Mais justement. Quelle compagnie vend encore aujourd’hui des produits ? Pratiquement aucune. Dans leur communication, toutes les entreprises ne parlent que de diffusion de valeurs, d’un état d’esprit, de tout autre chose que de leurs produits. Et plus l’entreprise est néfaste, irrespectueuse de ses salariés, de ses clients et de la nature, plus belle sera l’histoire qu’elle racontera, les valeurs qu’elle prétendra défendre. Areva, Mc Do, Microsoft, Total, la liste de ces néfastes est aussi longue que le registre du commerce. Et bien entendu, pour appuyer leurs dires, toutes ces entreprises ont une fondation qui plante des arbres pour aider les petits enfants handicapés et sauver les licornes.

Dès lors, plus grand chose ne distingue le discours de Mozilla de celui des autres salauds. Eh, mais attends, la différence c’est que nous c’est pour de vrai, c’est pas du “bullshit marketing”, on y croit et on défend vraiment ces valeurs. Oui le chat, je le sais, tu le sais, et notre lecteur le sait. Mais Brandon et Brenda, lorsqu’ils vont tomber sur le site, comment sauront-ils que ce n’est pas l’habituelle logorrhée publicitaire à laquelle ils ne prêtent plus attention depuis longtemps ? Où est le logo « No bullshit » ? Euh non, ça aussi c’est un slogan publicitaire.

Communiquer sur nos valeurs est important. Mais hélas bien insuffisant. Parce que plus grand monde ne croit un traitre mot de ce que racontent les réclames. Et accessoirement, parce que, nous croiraient-ils, je doute qu’être conscient de la spécificité de Firefox soit un argument suffisant dans leur choix de navigateur. Si tant de gens utilisent les services de Facebook ou Google, ce n’est pas par ignorance pour leurs dangers. Mais en toute connaissance de cause, parce qu’ils pensent que ce que leur offre les sites a plus de valeurs que ce qu’ils leur coûtent.

Il est nécessaire que Firefox existe, pour que la petite minorité d’internautes qui désirent contrôler leur vie en ligne dispose d’un outil. Mais il est aussi nécessaire que Firefox soit utilisé massivement par les internautes, bien au-delà du cercle des conscients. Pour que Mozilla puisse peser sur l’avenir du Web. Il nous faut donc trouver d’autres arguments, autres que ceux pour lesquels nous avons rejoint le projet. Aïe, ça veut dire du marketing, des techniques de manipulation ?. Je ne sais pas le chat, je ne sais pas…

Hello World

Écrire un journal devrait être aussi simple que coder.

Écrire quelques phrases. committer. En rajouter quelques autres. committer. Revenir, effacer, reformuler, préciser, développer, changer d’avis. committer. Aussi simple que coder un logiciel libre. Livrer tôt, livrer souvent. Ne plus se mettre la pression de ne rien montrer avant la définitive V1, validée par le « Bon à tirer ». Partager les brouillons. Essayons.

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