Inégalités maternelles

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Voici quelques jours, @meregeek a relayé un témoignage sur le sur-effectif dans les classes de maternelle, se terminant par ce terrible constat : « l’inégalité des chances commence là, dans les effectifs pratiqués en maternelle en France ». Une phrase qui résonne tristement avec une conversation entendue la semaine dernière dans les transports. Deux parents parlaient de leurs enfants, scolarisés en maternelle. La première se réjouissait. En petite section, sa fille était dans une classe avec une majorité d’enfants dont le français n’était pas la langue maternelle des parents. Elle avait donc « pris du retard ». Heureusement les parents avaient réussi à l’inscrire dans une autre école l’année suivante, de meilleure réputation, et en travaillant avec la maitresse la fillette avait rattrapé son « retard ». La deuxième gamine s’était elle retrouvée dans une école privée, dès la maternelle, parce que l’école publique du quartier était en travaux, et les enfants éparpillés pour quelques mois dans d’autres écoles. Des conditions pas idéales pour commencer une scolarité, et les parents avaient préféré lui éviter ça en se tournant vers le privé. Mais ils commençaient à s’inquiéter. La maîtresse venait de les convoquer pour expliquer que la gamine de 3 ans avait du mal à apprendre l’alphabet.

Il y a donc des maternelles à bac où dès la petite section, on met la pression sur les mômes pour qu’ils apprennent leurs leçons. Et d’autres où les professeurs sont seuls face à 25 ou 30 gamins qui au début de l’année ne parlent pas français. L’égalité des chances est comme les trois mots gravés sur tous les bâtiments publics : un slogan publicitaire sans aucun lien avec le produit contenu dans l’emballage.

Ces jours-ci, je marche un peu dans les rues de ma banlieue, pour cartographier les réseaux. J’ai remarqué par hasard les papiers scotchés sur les panneaux devant les écoles. Des listes de noms de professeurs malades. Et non remplacés. Les gamins dont les parents ne bossent pas restent chez eux, les autres sont baladés dans d’autres classes, pourtant déjà surchargées.

La République ne fait même pas semblant d’offrir la moindre chance aux enfants des zones de relégation péri-urbaine, via des moyens supplémentaires pour compenser par l’éducation les inégalité de la naissance. Elle les abandonne sciemment.

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