Chacun cherche son Sauveur

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La citation du jour est de la vacancière danah boyd :

The top stories in 2011 all focused on the ways in which tech can be seen as savior. In early half of 2011, the focus was on the Arab Spring and opportunities tech brought to potential of democracy. In latter half of 2011, focus on Steve Jobs, and the idea that he could actually affect the economy and tech would be the savior of our contemporary economy. All of this got woven together to see tech as an opportunity, a potential, an excitement. We swing between utopian rhetorics and dystopian rhetorics around technology. In 2011, for better or worse was definitely a utopian year.

Ce qu’on pourrait traduire par :

Toutes les histoires qui ont fait la Une en 2011 tournaient autour des moyens de voir les nouvelles technologies comme le Sauveur. La première moitié de l’année, on s’est intéressé au Printemps Arabe et aux possibilités que les technologies offrent en terme de démocratie. Ensuite l’attention s’est portée sur Steve Jobs et l’idée qu’il pourrait influer sur l’économie et que la technologie pourrait sauver l’économie contemporaine. Tout cela a été mélangé pour faire de la technologie une chance, un potentiel, une excitation. On balance entre les rhétoriques utopiques et dystopiques sur la technologie. Pour le meilleur et le pire, 2011 a vraiment été une année d’utopies.

[danah boyd][danah] in [What mattered most in technology in 2011][mattered]

Cela rejoint une réflexion que je me fais pratiquement tous les matins et voulais partager depuis longtemps.

Le désespoir est l’ennemi de la raison, à mesure qu’il s’installe je vois la déraison et l’obscurantisme grignoter de plus en plus. Tous les matins, sur le chemin du métro, je croise des Loubavitchs qui emmènent leur enfants à l’école communautaire. Dans mon quartier, toutes les boulangères sont voilées. Et les Témoins de Jéhovah disputent inlassablement aux évangélistes (et aux distributeurs de prospectus publicitaires Bolloré) les meilleurs emplacements autour des bouches du métro. Lorsque que je ressors du tube dans un de ces quartiers d’affaire où pullulent les start-up qui me nourrissent, le poids de la religion est le même, seules les idoles changent. Ici on vénère Jobs ou les gourous de la Vallée de Silicium en sacrifiant des vies au mythe de la petite entreprise innovante qui va changer le monde.

Depuis le temps qu’on nous martèle que les utopies sont mortes, nous sommes de plus en plus nombreux à nous réfugier dans l’obscurantisme et l’attente qu’un Allah, Jéhovah, Jobs, O’Reilly ou autre vienne nous sauver. Et ce n’est pas près de changer, puisqu’une bonne partie de 2012, en fRance du moins, va être consacrée au choix de la couleur de la cravate de cet autre type de sauveur mythique qu’est le bon berger chargé de veiller à ce qu’on reste dans le chemin tracé par les agences de notation.

J’aurais bien conclu en musique sur un petit rappel qu’il n’est pas de sauveur suprêêêêêeme… mais pas moyen de trouver une version de l’Internationale libre et en OGG :(

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