Génération Github

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Oubliez toutes les générations précédentes, Mitterrand, désenchantée, X, Y…1. Pascal Finette2 nous annonce l’arrivée d’une nouvelle génération, la Génération Github. (en lisant l’article je l’avais trouvé intéressant et vu sa taille j’ai décidé de le traduire. À la réflexion, je me suis aperçu que je n’étais en fait pas vraiment d’accord, hormis avec sa phrase centrale. Tant pis, je vous le livre, faites-vous votre avis)

Génération Github

1 205 808… Plus de 1,2 million de gens utilisent Github aujourd’hui.

Toute une génération de développeurs et de bidouilleurs du monde entier grandissent avec Github profondément ancré dans leur ADN de développeur. C’est une génération entière de gens pour qui partager le code est le comportement par défaut (la grande majorité des dépôts de code sur Github sont publics — il faut payer pour avoir de dépôts privés). Toute une génération qui non seulement utilise des logiciels et du code libre, mais a décidé que garder le code privé n’est plus important.

Voici le futur. Apprendre, partager, innover à l’air libre. Ce qui compte, c’est la façon dont les choses sont réalisées, pas votre propriété intellectuelle.

À présent, allez-y et récupérez ce que ces 1,2 millions de bidouilleurs ont mis dans leurs plus de 3,5 millions de dépôts de code. Apprennez. Partagez et donnez en retour. Et créons la troisième vague de startups Internet (après la première bulle et son explosion à la fin des années 90, et la vague actuelle de startups orientées réseaux sociaux, Web 2.0 et compagnie), à partir du génie bien enraciné de la Génération Github.

Je ne peux pas attendre !

[Génération Github][generation] par Pascal Finette

Factuellement, la thèse de Pascal est un peu discutable :

  • les développeurs n’ont pas attendu Github pour partager leur code. L’antique SourceForge revendique 3,4 millions de développeurs, 324.000 projets (souvent d’une autre ampleur que ceux qu’on trouve sur Github) utilisés par 46 millions de personnes;
  • si GitHub est emblématique, c’est également réducteur de limiter la Génération Libre à ce site. Car l’esprit du libre souffle aujourd’hui bien au-delà du logiciel. Avec Wikipédia, des millions de contributeurs préfèrent partager leur savoir plutôt que le garder pour eux. Autour de licences comme l’Art Libre ou les Creative Commons, des millions d’artistes partagent leur travail, autorisent les autres à le réutiliser, le remixer, le redistribuer librement. Ce mouvement va bien au-delà du code.

Là où je rejoins Pascal, c’est qu’effectivement, depuis la création du projet GNU en 1984 par Richard Stallman, au travers entre autres de forges logicielles comme hier SourceForge et aujourd’hui GitHub, l’esprit du libre s’est peu à peu répandu jusqu’à faire à présent partie intégrante de l’ADN de bon nombre de créateurs, d’artistes, d’artisan, du code ou d’autres discipline. Et oui, cet esprit est selon moi l’avenir. Créer à l’air libre, l’important c’est l’œuvre, pas sa propriété.

Je passerai sur la seconde partie et l’appel à utiliser cette culture pour créer des startups. On est là dans l’idéologie libérale yankee qui veut que le progrès social ne puisse naître que des entreprises. Amusant lorsqu’on voit que jusqu’à présent, la culture libre est née et a grandi sans l’aide des entreprises, et même bien souvent en devant s’opposer à elles pour survivre. Mais je trollerai sur le sujet un autre jour.

  1. sauf évidemment celle des Who !

  2. en charge du programme d’innovation ouverte de Mozilla, WebFWD, une sorte de pépinière à startups;

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