Brèves de journalisme

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Un des prochains objectifs de Mozilla est donc de travailler à faire du Web un endroit plus propice à la création, en se focalisant sur quelques domaines comme l’éducation et le journalisme. Ce dernier est loin d’être ma bière préférée, mais je l’ai mis sur le radar de ma veille et vais essayer d’en parler ici de temps en temps. En commençant par une résumé de deux articles aperçus ces derniers jours.

« Les journalistes doivent devenir des créateurs, et plus de simples consommateurs »

C’est l’avis de Robert Bole1, qui a assisté au festival de Londres, et en résume bien le message :nous voyons le problème tout autour de nous; au fur et à mesure que le Web murit et que les technologies deviennent complexes, de plus en plus de gens hésitent à s’emparer des outils pour créer de nouvelles choses. Nous courrons le risque de devenir des consommateurs passifs de la technologie, que ce soit parce que nous avons des terminaux très jolis mais impénétrables (l’iPhone), parce que nous avons peur de casser quelque chose, ou parce que notre éducation ne nous a pas donné les bases d’une culture technique. Et ce danger ne nous concerne pas qu’en tant que consommateurs. Aujourd’hui, un journaliste ne peut plus seulement être un animateur ou un écrivain; il doit aussi être un fabricant.

Et Bole de citer les compétences que doivent posséder les journalistes du futur, telles que définies par Sandra Ordonez. Selon un article qu’elle a publié en 2010, le journaliste du futur doit être :

  • multi-tâches, capable de jongler entre les responsabilités et les rôles, dont beaucoup n’ont rien à voir avec le journalisme « traditionnel »;
  • à l’aise avec la technologie, en ayant au minimum des connaissances de base en programmation, outils Web et culture Web;
  • le gardien des clés d’un secteur, capable de diriger ses lecteurs vers les nouvelles les plus récentes et les plus dignes de confiance, quel que soit leur auteur ou le site qui les héberge;
  • un conteur aux talents multiples, sachant présenter une histoire en ligne dans plusieurs formats;
  • un animateur de marque et de communauté, qui entretient une conversation constante avec ses lecteurs;

Telles sont les qualités qui seront demain demandées aux journalistes. Pas sûr que ce soit pour le meilleur. Raconter des histoire ou gérer sa réputation peut aussi aller dans le sens de la confusion hélas en plein essor entre le journalisme et la communication.

Les cinq étoiles des articles de journaux en ligne

Sans lien direct pour une fois avec Mozilla, un article qui fait écho aux fameuses étoiles des données liées2 de Tim Berners-Lee en proposant une échelle d’évaluation des articles de journaux au regard de leur utilisation des technologies du Web sémantique. L’article ne traite pas de journalisme, mais de publications scientifiques, qui sont un exercice particulier. Je pense néanmoins que les cinq étoiles peuvent être déclinées pour tout article de journal « de fond ».

À la différence des étoiles de TBL, celles-ci ne sont pas hiérarchiques mais complémentaires, chacune représentant un domaine. On peut la rapprocher de la méthode des cinq W bien connue des journalistes. Ces étoiles sont :

  • l’examen par les pairs, pour garantir la qualité du contenu;
  • le libre accès : s’assurer que l’article est accessible librement pour que chacun puisse le consulter;
  • contenu enrichi : utiliser les technologies du Web pour enrichir sémantiquement le contenu et le rendre interactif;
  • données disponibles : toutes les données utilisées doivent être elles aussi librement accessibles, pour permettre à d’autres de les réutiliser;
  • des méta-données pour les machines : pour faciliter la réutilisation de l’article lui-même;

Dit autrement, il s’agit d’arrêter d’utiliser le Web comme un simple substitut au papier. Ses capacités du Web vont bien au delà de celles du papier, il serait dommage de ne pas les exploiter.

Cette méthode d’évaluation peut en fait s’appliquer à pratiquement tout contenu publié en ligne. Et constituer une liste de questions minimales à se poser lorsqu’on crée un contenu à but informatif sur le Web. Ce carnet est à ce titre largement améliorable : si les notes sont librement accessibles et si j’essaie de citer mes sources, il n’y a pas de revue à priori (l’orthographe et la grammaire sont corrigés à posteriori par l’indispensable prof-robot de la communauté frenchmoz et les notes manquent singulièrement d’enrichissement sémantique, sans parler de l’inexistance d’interaction due entre autre au manque de possibilité de commenter.

  1. co-directeur de l’innovation au sein de la Broadcasting Board of Governors, l’agence gouvernementale étasusienne en charge de la propagande extérieure, je découvre juste l’existence de ce machin;

  2. pour promouvoir le Web de données liées — linked Data —, Sir Tim a proposé un système de notation de la qualité des données, à bases d’étoiles. Il va d’une étoile pour des données accessibles sur le Web sous une licence libre à cinq étoiles si elles sont en plus disponibles en RDF et liées à d’autres jeux de données;

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(Je traite les mentions à la main, elles peuvent mettre plusieurs jours avant d'apparaître)

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