La police protège les honnêtes citoyens

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Comme tout le monde, j’ai vu quelques photos et vidéos de la répression policière à l’Université de Davis en Californie. Mais je viens de tomber sur un récit qui prétend que les violences ont été bien au delà de celles que l’on voit sur les images. J’avoue avoir un petit doute sur ce témoignage. Il est présenté comme une lettre d’un professeur d’anglais assistant, envoyé au recteur de la faculté pour demander sa démission. Je n’ai pas vu de photos de certains des faits qu’il narre. Compte tenu du nombre de témoins de la scène, cette absence d’images m’incite à la prudence. Il n’empêche, je n’ai pas davantage de raisons de douter de ce témoignage que d’y croire.

Pour qui n’a pas vu passer cette actualité, le mouvement Occupy Wall Street est en train de prendre de plus en plus d’ampleur aux USA. Depuis quelques jours, la répression policière s’intensifie, renforçant au passage le mouvement. Quelques étudiants d’une fac de Californie ont décidé de planter des tentes sur leur campus. En réponse notamment à des brutalités policières contre leurs camarades de Berkeley quelques jours plus tôt. Le recteur de la fac de Davis a appelé les flics pour déloger ses étudiants. À l’arrivée des casqués, les protestataires ont protégé leurs tentes en s’asseyant autour en se tenant par les bras. C’est une vieille technique d’action directe non violente. En se tenant correctement, la chaîne est très difficile à briser.

Voici ce que raconte Nathan Brown de la suite de l’histoire.

Sans qu’il y ait eut la moindre provocation, si ce n’est celle du corps de ces étudiants assis par terre, les bras liés, la police les a aspergé de gaz au poivre. Ils sont restés au sol, en se tenant toujours les bras, mais en se tordant de douleur. Qu’est-il arrivé ensuite ? La police a utilisé ses matraques pour tenter de séparer les étudiants. Ceux qu’elle arrivait à détacher étaient arrêtés, les policiers les maintenant à terre avec leurs genoux et poussant leur tête contre le sol. Ceux qu’ils n’arrivait pas à détacher ont été maintenus pendant qu’un policier leur projetait du gaze au poivre directement au visage. Ceux qui protégeaient leurs yeux avec leurs vêtements, la police les a obligé à ouvrir la bouche et a pulvérisé le gaz dans leur bouche. Plusieurs de ces étudiants ont été hospitalisés. D’autres sont sérieusement blessés. Quarante-cinq minutes après les faits, l’un crachait toujours du sang.

Il n’est pas pour moi question de jeter l’opprobre sur le lieutenant John Pike. Il n’a fait que son travail. Celui pour lequel il est payé. Tout comme le commandant de gendarmerie Frédéric Warion lorsqu’il a gazé des citoyens pacifiques à Anduze. Comme tous les flics qui ne font qu’obéir aux ordres, qu’il s’agisse de rafler des Juifs ou des sans-papiers, de réprimer des Algériens, d’éborgner des lycéens ou de remettre à la rue des mal-logés. Le problème n’est pas celui des hommes qui exécutent, avec plus ou moins de zèle, leur boulot. Il est dans l’existence de cette institution, la police, groupe d’hommes de main au service du pouvoir, quel qu’il soit, dont le rôle est de maintenir par la violence le système social qui profite à leurs maîtres.

Toute ma solidarité va évidemment aux indignés qui dans le monde entier subissent la loi et les violences des laquais du pouvoir. Puissent au moins les images chaque jour plus nombreuses des violences policières aider à mettre fin au mythe du bon flic chargé de protéger la veuve et l’orphelin. Chaque fois que l’on croise un flic, se rappeler ces images aide à se souvenir de ce dont il est capable et qui il sert.

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